Le Cours Des Choses

#lemondequivient L’époque est mutante. Il faut changer le concept même de média, inventer du neuf. lecoursdeschoses.net, site d’informations en général (et pas seulement), sera irrigué d’histoires à ne pas dormir debout. Et quitte à s’indigner lorsque nécessaire, avant tout : raconter le monde qui va bien.

Alerte censure et fabrique de l’omertà


Mediapart a dépublié mon article, posté ce matin, sur le directeur de l’école d’art et de design de Marseille. 
Je crois savoir pourquoi. Le chapo commençait par ces mots : “Décidément, les salauds sont au pouvoir”. 
Pierre Oudart, ledit directeur d’école d’art et de design, s’est permis d’ironiser sur le manifestant Gilet jaune qui a eu la main arrachée par une grenade : “eh oui, ramasser une grande, c’est dangereux… C’est bête, hein”. Je persiste et signe : de tels propos sont ceux d’un salaud. Pour ne pas être censuré par Mediapart, j’aurais du écrire que c’était un brave garçon.
(et avec la censure de cet article, passe fort opportunément à la trappe l’information selon laquelle Pierre Oudart, en fonction des responsabilités ministérielles qui furent les siennes, n’aurait jamais dû être nommé à la direction de cette école d’art.

Acte 2. Mediapart a également subrepticement modifié le titre de mon article “Les institutions cultuelles soutiennent massivement Christophe Castaner”. L’article reste provisoirement en ligne, sous le titre « Les institutions culturelles et les Gilets jaunes ». (Motif invoqué : Mediapart « reçu plusieurs alertes concernant le billet intitulé “Les institutions culturelles apportent un soutien massif à Christophe Castaner.” dont le titre en effet suscite de nombreuses confusions »).

Ainsi se poursuit une fabrique de l’omerta… Fruit d’une enquête de plusieurs jours, mes révélations sur Christophe Girard, adjoint à la culture de la Ville de Paris, bien qu’adressées à plusieurs médias, sont restées sous le tapis. Nous vivons donc dans un pays où il est parfaitement normal qu’un directeur de la stratégie travaillant pour Bernard Arnault soit adjoint à la culture d’une très grande ville (Paris), étant ainsi on ne mieux placé pour favoriser certains intérêts de son patron (cf l’érection de la Fondation Louis Vuitton au bois de Boulogne). Il est parfaitement normal que ce même adjoint à la Culture, en sa qualité de président du Conseil d’administration d’un établissement public (le Centquatre) favorise ainsi la production et la diffusion des spectacles de son époux. Cet article, s’il n’a pas été dépublié, a été « invisibilisé » par Mediapart, et pour cause : Mediapart organise un festival, le 23 mars prochain… au Centquatre, avec la bénédiction de l’adjoint à) la Culture de la Ville de Paris et Président du CA dudit Centquatre… 
De même, les révélations sur Olivier Py, directeur du festival d’Avignon, là aussi adressées à l’ensemble de la presse, n’ont été reprises par aucun média. Nous vivons donc dans un pays où il est parfaitement normal qu’un directeur de festival (et non des moindres) aille « cachetonner » à l’extérieur (gains estimés : 500.000 € sur 6 mois) et reste pendant ce temps directeur du festival et continue d’en percevoir le salaire afférent. Cela n’émeut ni les journalistes informés (hormis quelques tweets privés), ni le conseil d’administration du Festival d’Avignon… Reste peut-être la Cour des comptes, à qui l’information a été transmise par mes soins.

Morale de l’histoire. Depuis la liquidation judiciaire des Editions du Mouvement en juin 2014 (sans surprise : David Kessler -aujourd’hui directeur général d’Orange Studio, alors conseiller culture de Bertrand Delanoë, ultérieurement promu conseiller culture au cabinet de François Hollande-, avait aimablement dit çà certains journalistes -qui s’étaient empressés de me le répéter- qu’il allait « me liquider », ce qui fut fait 4 ans plus tard par l’entremise d’un escroc, Steven Hearn, patron de l’agence « d’ingénierie culturelle » Troisième Pôle et de la holding Scintillo, a qui avait été confiée par inadvertance la gérance majoritaire des Editions du Mouvement, qu’il s’est consciencieusement employé à ruiner par des faits d’abus de biens sociaux, faux en écriture, escroquerie au prêt bancaire, que j’ai publiquement dénoncé à 2 reprises, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée : au contraire, ce même Steven Hearn, grâce à ses accointances avec les cercles rapprochées de la macronie -il est « délégué culturel du groupe SOS de Jean-Marc Borrello, conseiller d’Emmanuel Macron- continue de remporter en toute illégalité -les comptes de ses sociétés ne sont pas publiés au greffe du tribunal de commerce- des marchés publics, comme récemment la Salle Rameau à Lyon ; totalement censuré dans la presse comme dans les institutions culturelles (où je suis considéré tour à tour comme « trop dérangent », « trop qualifié » ou « trop compétent ») ; je suis condamné à vivre d’expédients (au RSA depuis 2 ans, RSA sur le point de m’être retiré) et, surtout, interdit d’activité professionnelle, ne pouvant continuer à exercer mon métier, bénévolement, qu’en… Colombie (« festival des humanités » à Ibagué, en 2017), et ici-même sur Facebook. Ce soir je mets fin à mon blog Mediapart, avec une lettre que je rendrai publique ici-même.

Morale de l’histoire (bis). Me reviennent en mémoire des mots auxquels j’avais juré fidélité, en 1982, voilà 37 ans. C’était à la fin d’une émission du L’Echo des Garrigues, radio libre montpelliéraine sur laquelle j’avais animé un magazine culturel. Ce soir-là, j’avais convié la danseuse et chorégraphe Jackie Taffanel, à qui j’avais demandé textes et musiques de son choix. Les deux heures d’émission s’étaient conclus par cette question de l’immense poète Joë Bousquet : « Auras-tu le courage d’être jusqu’au bout la poésie qui te concerne ? » J’avoue n’avoir pas immédiatement compris pourquoi il serait ultérieurement question de « courage ».

Morale de l’histoire (ter) – Il va falloir un peu bousculer le Cours des choses. Le lancement de ce nouveau « média transversatile » était prévu début mars. Je l’avance à dès demain, et ferai une annonce importante dans la matinée. Mais plus que jamais, il va falloir du soutien et du renfort. « Tout seul, je ne suis pas assez nombreux » (d’ores et déjà, je ne suis pas tout seul. Il y a des amis, des auteurs, des personnalités, et des jeunes gens qui, comme moi, piaffent d’impatience).

print