Le Cours Des Choses

#lemondequivient L’époque est mutante. Il faut changer le concept même de média, inventer du neuf. lecoursdeschoses.net, site d’informations en général (et pas seulement), sera irrigué d’histoires à ne pas dormir debout. Et quitte à s’indigner lorsque nécessaire, avant tout : raconter le monde qui va bien.

Reconstruire ou arrêter de détruire ?

Début d’un feuilleton pour Le Cours des choses. Après l’incendie de Notre-Dame-de-Paris, quel fumet va sortir du grand débat ?

« Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. » Sonnez hautbois résonnez musettes, comme le tintinnabule un chant de béni-oui-oui, Il est né le divin enfant.

« Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. » Dans une « adresse à la nation » dont les trémolos sont venus faire prêche lors de la messe télévisuelle du 20h, sur les braises encore fumantes de l’incendie de Notre-Dame, Emmanuel Macron a voulu sortir le grand jeu, celui d’une cohésion nationale miraculeusement retrouvée autour d’un spectaculaire feu de tous les diables venu embraser un symbole hautement patrimonial, consumer sa charpente et écrouler sa flèche.

« Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. » C’est sûr, la France se relèvera d’une telle catastrophe nationale, et promis-juré, si je mens je n’irai même pas en enfer« nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame plus belle encore, et je veux que cela soit achevé d’ici cinq années. » Emmanuel Macron aurait pu dire, plus directement : « dans un délai de cinq ans : je m’y engage. » Ou encore : « comme d’autres monuments avant elle, la cathédrale Notre-Dame sera reconstruite, et je veillerai à ce que ce chantier soit réalisé dans les meilleurs délais. »  Mais non. « Je veux que cela soit achevé d’ici cinq années », cela claque en même temps vigoureux et onctueux, jupitérien -j’ai décidé que- et monarque absolu -ça ne se discute même pas-. Amen. 

« Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. » Il y a donc un « peuple » et un « Nous ». Qui sont-ils ? En jouant sur la même fibre cocorico-nationaliste, Emmanuel Macron eut pu dire : « Nous sommes un pays de bâtisseurs », ou encore « la France est un pays de bâtisseurs » (sous-entendu : l’Allemagne est un pays de barbares, l’Italie un pays de glandeurs, l’Espagne on n’en parle même pas, et les autres comptent pour du beurre). Mais c’est ici le mot « peuple » qui s’est imposé. Et pas « un » peuple  : « ce peuple ». En bref, « Nous sommes ce peuple » ; sonnez hautbois résonnez musettes…et passez, muscade !,  comme bonimentaient les escamoteurs de foire au 18e siècle.

« Nous agirons. Et nous réussirons. »

« L’État, c’est moi » , aurait fanfaronné Louis XIV le 13 avril 1655 devant les parlementaires parisiens qui contestaient des édits pris en lit de justice quelques semaines auparavant. Versaillais des temps modernes, Emmanuel Macron invente cette variante : « Nous sommes ce peuple. »  Lorsqu’il dit « Nous », il parle de lui, en majesté. D’une façon générale, il se prend pour le Messie et ne comprend rien au jeu collectif. Alors, « Nous », dans le vocabulaire d’Emmanuel Macron, forcément, ça surprend. Sauf à considérer que ce « Nous » est d’autorité (Jupiter, encore) : Nous, Président de la république, décrétons que…. Le soir du 16 avril, il débute ainsi son adresse à la nation : « Cette nuit, nous sommes entré dans cette cathédrale qui est celle de tout un peuple et de son histoire millénaire. » Y est-il d’ailleurs vraiment entré ? À notre connaissance, il est resté sur le parvis. Tout au plus aurait-il jeté un œil ? Mais pour la légende, « nous sommes entré » (dans la légende), ça a quand même plus de gueule. Passons.

De ce « Nous » solennel, grandiloquent, Emmanuel Macron passe ensuite à un « nous » sans majuscule, rassembleur : « ce que nous avons vu ensemble cette nuit à Paris, c’est cette capacité de nous mobiliser, de nous unir, pour vaincre. » Du grand art sémantique, vraiment. En d’autres termes (voix intérieure de Jupiter) : « j’ai décidé-moi-tout-seul d’un grand débat national ; j’ai fait-moi-tout-seul le one man show pour en assurer le service après-vente ; j’ai battu l’estrade des heures durant, et n’allais laisser à personne d’autre, Premier ministre ou pas, le soin d’annoncer les mesures que j’ai décidées en réunion avec moi-même ; les médias me répètent à l’envi que je suis de plus en plus isolé dans mon château élyséen ; et chaque samedi depuis six mois, une foule haineuse me somme de dégager… Et là, par la grâce d’un incendie providentiel, je vais transformer ce que nous avons vu ensemble encapacité de nous nous mobiliser et de nous unir. » Elle n’est pas belle, la vie ? Aucun plan com’ n’aurait pu prévoir un tel scénario.

Sous son allure d’enfant de chœur catastrophé par la catastrophe, Emmanuel Macron jouissait secrètement de la situation. Enfin pouvait-il reprendre la main, ou pour le moins, se persuader qu’il y parviendrait (« Nous agirons. Et nous réussirons »), dans l’élan d’une ferveur nationale dont il allait orchestrer la communion. Cet incendie, vraiment, du pain bénit ! À l’instant précis où, du Grand Débat, il s’apprêtait à retirer les marrons du feu, se sachant particulièrement attendu au tournant (qu’il n’allait pas prendre), il pouvait remettre à plus tard ce périlleux exercice : « Après le temps de l’épreuve viendra celui de la réflexion puis de l’action, mais ne les mélangeons pas. Ne nous laissons pas prendre au piège de la hâte. » 

Dans un fondu-enchaîné presque parfait, au long plan-séquence du Grand Débat (dont les conclusions restent à ce jour suspendues), est venu se substituer un autre chapitre qui devrait faire feuilleton au moins jusqu’aux prochaines élections européennes, celui de la Grande Collecte, auquel succédera, pour les siècles des siècles, le chantier de la Grande Reconstruction. Re-amen !

Les grandes fortunes de ce pays (et d’ailleurs) ont vite fait de battre le rappel. Pinault, Arnault et autres consorts champions de l’évasion fiscale, ont sorti le chéquier comme à la parade : ainsi donc, en plus d’un portefeuille confortablement garni, ces milliardaires auraient aussi du cœur ? CQFD et alléluia. Sauf que cet or-là, pour beaucoup, est déjà transformé en plomb. Car enfin, par Jupiter !, de l’argent, il y en a donc à revendre ! Que cette manne-là, prompte à se déverser pour reconstruire une seule cathédrale, si emblématique soit-elle, n’ait pu être mobilisée pour soigner les souffrances de ce pays, territoires à l’abandon, protections sociales et « pouvoir d’achat » rabotés, demandeurs d’asile « accueillis » dans d’indignes conditions, etc. ; voilà qui provoque un haut-le-cœur, et ne risque guère de calmer la jaunisse dont se plaint le pays depuis plusieurs mois. Il y a, comme qui dirait, une crise de foi.

Patrimoine à l’encan

Il n’est jusqu’aux historiens et conservateurs du patrimoine à s’indigner. Pour une seule Notre-Dame, combien de monuments historiques silencieusement laissés en déshérence ? Depuis 2010, le budget du patrimoine a baissé de 15 % : il plafonne à 326 millions d’euros, quand, selon toutes les associations de protection du patrimoine, le budget minimum annuellement nécessaire serait (au bas mot) de 400 millions d’euros. 

Cette tendance aurait-elle été inversée depuis l’élection d’Emmanuel Macron, apparemment si soucieux de patrimoine ? Tout au contraire ! En 2017, les crédits de paiement octroyés aux monuments historiques ont encore diminué de 900.000 €. Resté lettre morte, un rapport du Sénat sur le projet de loi de finances 2017 tirait pourtant la sonnette alarme, en indiquant que  les réserves du Centre des Monuments Nationaux « sont aujourd’hui pratiquement épuisées, sans que la subvention d’investissement [quipermet de mener de grandes restaurations] ne soit revue à la hausse, alors même que les besoins en la matière sont évalués à 30 millions d’euros ».  Emmanuel Macron a beau jouer l’emphase lyrique sur « ce peuple de bâtisseurs », on voit avec quel empressement le gouvernement qu’il a nommé prend soin de ce qu’ont légué lesdits « bâtisseurs ». C’est à nouveau Passez, muscade !, non sans rappeler au passage, histoire de remettre à l’heure les pendules présidentielles, que les fonds réservés au patrimoine représentent 3% du budget de la Culture, qui ne représente lui-même que 2,1% du budget de l’État en 2019 : « une situation qui ne permet pas d’entretenir les monuments, églises, et œuvres d’art qui constituent pourtant une richesse inestimable pour le pays »écrivait récemment Le Figaro.

Et pour bien enfoncer le clou, signalons encore que le mécénat d’entreprises (défiscalisable) représente annuellement, pour l’Etat, un manque à gagner de 1 milliard d’euros ; et encore, selon Christophe Ramaux, des Économistes atterrés, que sur les montants économisés par les contribuables assujettis à l’Impôt sur la fortune (ISF) en 2017 mais non redevables de l’impôt sur la fortune immobilière qui lui a succédé en 2018 , 42%  ont été affectés à des dépenses de consommation, 41% à de l’épargne, et… seulement 11% à des organisations d’intérêt général. Charité bien ordonnée, en quelque sorte.

Un chef ? Où ça ?

« J’ai construit et reconstruit / sur ce qui est en attente », disait Bob Dylan (1). C’est sans attendre qu’Emmanuel Macron entend mener le chantier de Notre-Dame. Sans même avoir en mains diagnostic et expertises sur l’état de l’édifice, ni même évaluation du montant des travaux, le voilà qui nomme un militaire, le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major des Armées passé par Saint-Cyr et l’école de guerre américaine, chargé de mener la reconstruction de la cathédrale à coups de baguette (quitte à n’y rien connaître en matière de subtilités du patrimoine), et que dans la foulée, est annoncé un concours d’architectes. En l’espèce, il claironne sa hâte, mais au fond, pourquoi le président de la République serait-il vraiment pressé par le temps ? Cela sera, au contraire, tout à son avantage, de jouer la montre. Car voilà que s’engage déjà un autre « grand débat » dont vont se repaître les médias. Faut-il préserver une charpente en bois, et pour cela, faire appel aux Compagnons du devoir, ou bien opter pour une structure en métal ou en béton armé ? Fait-il rebâtir Notre-Dame « à l’identique », ou inventer du contemporain ? A la matinale de France Inter, ce lundi 22 avril, l’historien Patrick Boucheron a fait lisière de ce fantasme de « l’identique », qu’il rapproche des tentations « identitaires ». Pourtant, cela va faire débat, pendant des semaines. 

L’Express du 10 avril 2019 

À son habitude, Emmanuel Macron va faire mine de maîtriser tout cela, et de se situer au-delà de la mêlée. Mais combien de temps pourra-t-il encore faire illusion ? Pour reprendre le titre de L’Express du 10 avril, il est aujourd’hui « un chef sans troupes. »

« Le 7 mai 2017 les Français ont élu un président de la République qui n’avait dirigé que sa secrétaire, à la banque Rothschild, et un cabinet ministériel, à Bercy. Deux ans plus tard, la gestion des ressources humaines est le talon d’Achille d’Emmanuel Macron », écrit Corinne Lhaïk dans les pages de l’hebdomadaire. Constat accablant : « Le président ne gère pas ses ministres. Il ne leur téléphone jamais, ne les voit presque pas en tête à tête. (…) Même attitude avec ses conseillers historiques les plus proches jamais de rendez-vous en tête-à-tête, juste des échanges ponctuels quand l’un d’eux frappe à la porte de son bureau pour aborder une question précise. (…) Le président séduit mais ne traite pas. Ils sont nombreux à raconter la même histoire : il vous parle les yeux dans les yeux, vous êtes seul au monde avec lui et … il vous oublie. (…) Avec lui, c’est « qui m’aime me suive », version polie du » marche ou crève ». (…) Alors qu’une phase importante du quinquennat se joue, le président ne dispose pas d’un pack de soutiens, ni parmi les ministres ni parmi les conseillers. (…) Le président s’est façonné dans un univers très concurrentiel, l’inspection des finances, la banque d’affaires, qui encouragent la starisation, où chacun court dans son couloir. Un univers qui valorise les neurones, pas les synapses. L’individu, pas le collectif. Et ce manque est cruel au plus haut sommet de l’État. »

Grand débat : à quoi bon tout ce raout à 12 millions d’euros ?

« Le gouvernement doit naître du pays », disait le grand poète José Marti, fondateur du Parti révolutionnaire cubain et apôtre de la lutte pour l’indépendance (il n’est pas certain qu’Emmanuel Macron l’ait lu pendant ses études à l’ENA). Ce pays dont il connaît l’Histoire, mais dont il ignore les territoires et leurs habitants, Jupiter a entrepris d’en découvrir les attentes en lançant, à l’enseigne du Grand débat national, un immense sondage censé calmer les ardeurs protestataires des Gilets jaunes. À quoi bon tout ce raout à 12 millions d’euros ; à quoi bon les 2 millions de contributions déposées sur la plateforme électronique conçue à cet effet, et les innombrables doléances écrites dans les « cahiers citoyens » ?

Lundi 15 avril, l’oracle présidentiel était enregistré au moment même où se déclenchaient les premières alarmes incendie à Notre-Dame. Macron a remballé sa vidéo, et la « surprise du chef » est annoncée pour ce  jeudi 25 avril, décrétée Journée mondiale des manchots : de là à ce que le Président de la république continue à nous prendre pour des pingouins…

Mais certaines annonces ont d’ores et déjà fuité dans la presse. Celle qui, sans doute, fera couler le plus d’encre et alimentera main débat télévisé : la probable suppression de l’ENA, comme si telle était la préoccupation principale des Français ! (on y reviendra dans un épisode ultérieur de ce feuilleton).

Est encore prévue une indexation des petites retraites sur le coût de la vie : pas sûr que cela suffise à escamoter l’épineux dossier de la réforme des retraites, lancée à la hussarde par Emmanuel Macron : les syndicats quittent la table de négociations, et Jean-Paul Delevoye, nommé Haut-commissaire chargé du dossier, menace de démissionner. Ambiance, ambiance… . 

L’accès aux soins a été l’une des préoccupations très souvent mentionnées lors du Grand débat. Or, sur ce plan, aucune annonce concrète ne semble être à l’ordre du jour, alors même que le mouvement de grève des urgences hospitalières, parti fin mars de l’Hôpital Saint-Antoine, ne cesse de faite tâche d’huile sur fond de réduction des effectifs et des moyens budgétaires. Niant l’évidence-même de ce mouvement et du mal-être qui s’y exprime, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, vient d’affirmer que cette grève est « liée à des problèmes de sécurité » et n’a rien à voir avec les conditions de travail.  La surdité gouvernementale est décidément contagieuse ! 

Raffinerie Total, à Feyzin. (Photo Getty)

Il faut dire qu’au plus haut sommet de l’Etat, règne un sacré problème d’écoute.

Emmanuel Macron n’avait que 25 ans lorsque Jacques Chirac, le 2 septembre 2002 devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre à Johannesburg, lança cette fameuse diatribe : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l’humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables. » Peut-être aura-t-il écouté d’une oreille distraite : ce n’est pas le genre de refrain qu’entonnaient les étudiants de l’ENA lors de leurs soirées karaoké à l’Académie de la Bière à Strasbourg, leur repaire festif.

Toujours est-il que 17 ans plus tard, la maison brûle toujours, et qu’Emmanuel Macron, devenu président de la République, ne se presse guère de se ranger du côté des pompiers qu’il félicitait chaleureusement après l’incendie de Notre-Dame. Le voici plutôt du côté des pyromanes. On ne compte plus ses renoncements sur la question écologique. Le dernier en date, non des moindres, est l’abandon pur et simple de réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre (au profit d’une très floue « neutralité carbone »). Cet objectif, qui remonte à 2005, sous la présidence de Jacques Chirac, avait pourtant été confirmé, depuis, par chacun de ses successeurs : Nicolas Sarkozy en 2009, avec le Grenelle de l’environnement et François Hollande avec la loi de transition énergétique. Et le renoncement macroniste est intervenu alors que la NASA venait de confirmer que l’année 2018 faisait partie des quatre années les plus chaudes depuis 140 ans… Une « inaction climatique » dont s’exaspère la jeunesse lycéenne et que dénonçaient encore les militants d’une dizaine d’organisations (parmi lesquelles Greenpeace, les Amis de la Terre, Sciences citoyennes, Youth For Climate France, etc.) qui, mercredi dernier, ont bloqué quatre des tours de la Défense en conspuant la « république des pollueurs », et annoncent pour le 24 mai une grande « grève pour le climat ». 

« Bloquons la république des pollueurs », action de désobéissance citoyenne, le 19 avril 2019 sur le parvis de la Défense à Paris. 

Alors, reconstruire ou arrêter de détruire ? Quand Notre-Dame brûle, Emmanuel Macron monte derechef en chaire (pardon, au créneau). Quand c’est toute la maison qui brûle, on fait quoi ? A ce jour, les 2 millions et quelque de citoyens qui soutiennent la décision prise par quatre associations (Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France) qui ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits ; n’ont guère été entendus. Le nouveau ministre de la Transition écologie a botté en touche, en répondant que « la fiscalité écologique rencontre de nombreuses oppositions. » Suivez son regard : en gros, c’est la faute aux vilains Gilets jaunes. 

Sauf que, à en croire la première restitution du grand débat, la question de la transition écologique figure en première ligne des préoccupations exprimées par les Français. Opposer protestation sociale (celle des Gilets jaunes, par exemple) et écologie est de bonne guerre, pour Emmanuel Macron. Avant, on disait : « diviser pour mieux régner ». Mais à ce jour, le Président de la république n’a commencé à satisfaire à aucune des deux exigences, qui sont de fait complémentaires. Les esprits s’échauffent, la Terre aussi. Mais Jupiter prend son temps : pas de « fausse impatience », dit-il. Il est vrai qu’il a un autre impératif en tête : préparer sa campagne électorale de 2022. Enfin, ce jeudi, l’oracle va parler. Il parait que son entourage promet d’ores et déjà « une réponse puissance et concrète ». Y a-t-il encore quelqu‘un pour y croire ?

Feuilleton à suivre ces prochains jours sur Le Cours des choses…

  • – Bob Dylan, Écrits et dessins, Paris, 1941, cité par Raoul Vaneigem, Dictionnaire de citations pour servir au divertissement et à l’intelligence du temps, Le Cherche midi éditeur, 1998.
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